La chevauchée des Cerces, escalade du Grand Aréa au Grand Galibier

Depuis longtemps, je voulais tenter de relier le Grand Aréa au Grand Galibier par les belles voies de ce massif calcaire. Depuis peu, un enchaînement nommé “la grande Galipette" propose 41 longueurs de 6a / 6b s'étalent sur 2600 m positif dont 1400 m de grimpe à réaliser dans la journée de préférence en corde tendue. Un challenge trop sélectif pour nous, d’autant que Jérôme, mon compagnon du jour est motivé pour s'immerger durant 3 jours sur cette épine dorsale bien connue des grimpeurs du Briançonnais. 

Le jour J commence avec un transfert de bagnole au lever du jour où un peu comateux, nous laissons une voiture dans un des lacets du Galibier. La manip faite, nous reprenons la route avec le 2e véhicule, direction le col du Granon. A 7h et des brouettes nous avalons la piste sous le Grand Aréa puis déposons les sacs au col de Buffère pour gravir la pointe éponyme, la voie de l’éperon, une modeste AD- de 200 m, (4c maxi) mais qui se déroule sur la seule voie de quartzite de notre trip. L’aller-retour jusqu'aux sacs est vite avalé mais la chaleur va vite calmer nos ardeurs. Vers midi, nous sommes dans le vallon de la Moulette où la voie de la Petite Poire (AD+ 4c max, 170 m) est préférée à celle de la Poire, plus longue car la chaleur est étouffante. Nous reprenons nos sacs laissés au pied du vallon puis nous longeons le chemin du Roy au pied de l’Aiguillette du Lauzet, l’objectif du lendemain. La soif nous tenaille, cela tombe bien car nous descendons à l’Alpe du Lauzet pour le bivouac ou la promesse de l’eau se vérifie délicieusement. 

Le lendemain, par chance, le temps est légèrement couvert et une petite brise nous permet de moins souffrir de la chaleur. Nous grimpons les fissures de la voie Davin (AD+ 5b max, 300 m) tout en appréciant l'audace de l’ouvreur, l’abbé amateur d'ascensions alpines. Du sommet, il nous faut à peine plus d’une heure pour relier les arêtes de la Bruyère (AD, 200 m), une de mes premières courses dans le massif. Hormis la première longueur en 5 plutôt patinée, la suite circule aimablement sur le fil dans une difficulté de 4b/c puis s'achève par un rappel de 30 mètres. A cette heure la perspective d’une douche nous pousse à redescendre dans la vallée, une faute de goût impardonnable pour l’enchaînement certes, mais un repos des pieds bien mérité avant la journée du lendemain,  la plus technique de notre longue galipette. Tôt le matin. Nous remontons les contreforts de la Tête de Colombe et visons la voie de l'Écaille 200m (D+ 5c+ max, 200 m ), une vieille classique aux passages parfois retors. Quelques rappels plus tard, nous abordons la traversée vers notre dernier objectif : la Tour Termier avec la voie Allo la terre (TD- 6a max, 290 m) qui remonte de sublimes passages. Avant d'effectuer la descente, nous nous offrons un aller- retour au sommet du Grand Galibier qui offre un panorama imprenable sur le massif des Écrins et les Alpes du nord. 

 

Détail des voies parcourues (camp to camp) :

 

 




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